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L'Eucharistie
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21 décembre 2008

6 - Le Festin des noces

L'Eucharistie chez les Pères de l'Eglise

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L'hospitalité d'Abraham - Gn 18, 1-15

       Genèse Rabba 48,10-11

  "Je vais prendre un morceau de pain" (Gn.18,5) as-tu dit ! Par ta vie. Je revaudrai cela à tes enfants, dans le désert, dans le pays ou ils s'installeront et dans les temps à venir. Dans le désert, ou est-ce dit ? Ici : "YHVH dit à Moïse : Je vais faire pleuvoir du ciel, du pain pour vous" - voilà pour le désert. Dans leur pays, ou est-ce dit ? Ici : "Un pays de blé et d'orge". Dans les temps à venir, ou est-ce dit ? Ici : "Il y aura abondance de blé dans le pays" (Ps 71,16)

  "Abraham courut au gros bétail" est-il aussi écrit ! Par ta vie, je revaudrai cela à tes enfants, dans le désert, dans le pays ou ils s'installeront et dans les temps à venir. Dans le désert, ou est-ce dit ? Ici : "Un vent se leva de par YHVH et amena des cailles de la mer" (Nb 11,31) - voilà pour le désert. Dans leur pays, ou est-ce dit ? Ici : "Un troupeau important appartenait aux enfants de Rouben" (Nb 32,1). Dans les temps à venir, ou est-ce dit ? Ici : "En ce jour-là chacun élévera une vache" (Is 7,21)

  "Je vais prendre un morceau de pain et vous rassasierez votre coeur" (Gn 18,5). Rabbi itshaq dit : Nous voyons dans le Pentateuque, les Prophètes et les Hagiographes que le pain est la nourriture du coeur. Dans le Pentateuque, ou donc ? Ici : "Je vais prendre un morceau de pain et vous rassasierez votre coeur."Dans les Prophètes : "Rassasie ton coeur, d'un morceau de pain". Dans les Hagiographes : "Le pain rassasie le coeur de l'homme" (Ps 103,15)

  "Ils lui répondirent : Agis comme tu l'as dit." (Gn 18,5) Les anges dirent à Abraham : Chez nous le boire et le manger n'ont point cours, mais puisqu'ils ont cours chez toi, "agis" pour toi, "comme tu l'as dit" : qu'il t'accorde de donner un autre festin, cette fois pour la naissance d'un fils.

  "Pétris et fais des galettes". C'était donc l'époque de Pâque.

  Rabbi Tanhouma citait ici le proverbe "à la ville deviens citadin". Le manger et le boire n'ayant pas cours dans l'en-haut, Moïse arrivé dans l'en-haut ne s'alimenta pas, selon : "Je suis resté dans la montagne quarante jours et quarante nuits sans manger de pain, ni boire d'eau" (Dt 9,9). Mais dans l'en-bas ou l'on mange et boit, Abraham était debout près d'eux "sous l'arbre et ils mangèrent" (Gn 18,8). Mangèrent-ils vraiment ? Non, ils semblaient manger et la nourriture disparaissait au fur et à mesure.

           Ambroise de Milan  -  Homélie sur Abraham, 1,5,33

  Abraham se hâte d'aller à leur rencontre, parce qu'il ne suffit pas d'agir correctement, il faut encore faire rapidement ce qu'on fait. La Loi ordonne de manger la Pâque à la hâte.

          Grégoire d'Elvire  -  Homélie 2,4-6

  Quand il est rapporté qu'au chêne de Manbré, au débouché des chemins, Abraham avait sa tente ou tous les passants trouvaient un refuge, c'était une figure : grâce aux apôtres, qui seraient des fils d'Abraham, les hommes accourraient vers la foi en Dieu de toutes les parties du monde, depuis les extrémités de la terre.

  De fait, notre Seigneur et Sauveur a dans l'Evangile accompli en personne la figure annoncée quand il dit : "Les noces sont prêtes, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez maintenant au débouché des chemins et invitez au festin des noces tous ceux que vous trouverez". En disant cela, il montrait que, puisque les juifs, qui avaient été invités par la Loi et les prophètes à l'union du Christ et de l'Eglise, s'en étaient montrés indignes en ne venant pas - c'est-à-dire en ne croyant pas en lui - les apôtres furent alors envoyés au débouché des chemins, pour rassembler de toutes les Nations le peuple des croyants et être le refuge des Nations ; ainsi s'accomplirait le festin des noces du Christ et de l'Eglise.

          Grégoire d'Elvire  -  Homélie 2,7-8

  L'arbre était une image évidente de la croix. Aux uns, elle parut dure et âpre comme le bois, parce que le Seigneur y fut suspendu pour que nos péchés, qui provenaient du bois de la transgression y reçoivent leur châtiment en étant par l'homme cloués au bois de la croix, comme le dit l'apôtre Paul quand il traite du mystère de la croix : "Il a réparé notre faute en la clouant à la croix."

  Aux autres, elle a fourni une ombre et une faîcheur qui protègent et rafraîchissent les croyants de l'ardeur et de la brûlure de la persécution, ainsi qu'il est écrit : "J'espérerai à l'ombre de tes ailes, jusqu'à ce que passe l'injustice."(Ps 56,2) En effet, la croix du Christ est, comme le dit l'apôtre, "folie pour ceux qui se perdent, mais puissance de Dieu pour ceux qui seront sauvés." (1Co 1,18)

          Chromace d'Aquilée  -  Sermon 15,2

  Lorsque au chêne de Manbré, à midi, le Seigneur lui apparut, Abraham vit alors la préfiguration du mystère a venir. Le chêne de Manbré désignait en effet la croix du Seigneur. L'heure de midi c'était la figure du moment de la Passion, car c'est à la sixième heure que le Seigneur fut mis en croix pour le salut du monde, comme nous le lisons dans l'évangile. Et il est rapporté qu'Abraham se reposait, sous le chêne, parce que la foi des Patriarches n'a trouvé son repos que dans la croix du Christ ; et il se reposait a midi, à l'heure habituelle de la plus forte chaleur, parce que seule la croix du Seigneur a pu refroidir en nous, par l'ombre de sa passion, l'ardeur du péché.

        Grégoire d'Elvire  -  Homélie 2,14-15

  D'ailleurs le Seigneur lui-même en a témoigné dans l'Evangile en disant : "Abraham a cherché à voir mon jour ; il l'a vu, et a jubllé." (Jn 8,56) A l'évidence, il a vu le jour de la venue du Seigneur et connu les mystères au temps ou, jubilant de joie, il court à sa rencontre,lui prépare un festin et, rendu joyeux par l'esprit de prophétie, lui sert ce qui convenait au mystère du festin, quand il lui lave les pieds, pour manifester le service plein et parfait qui aurait lieu lors de sa venue. Le Seigneur a en personne rendu la pareille à la postérité d'Abraham en lavant les pieds de ses fils dans la foi, à savoir les apôtres ; il devait ainsi, par la purification de son bain, rendre beaux les pieds de ceux qui portent la bonne nouvelle de la paix.

        Chromace d'Aquilée  -  Sermon 15,3

  Abraham, donc, lava les pieds au Seigneur ; mais comme serviteur à son maître. Puisque le Christ récompense avec tendresse et bonté les services rendus, il a lavé les pieds de ses disciples pour rendre aux fils le service qu'il avait reçu de leur père. Eux avaient lavé les pieds au Seigneur pour être sanctifiés, tandis que le Seigneur a lavé les pieds de ses disciples, non pour se sanctifier, mais pour les sanctifier. Eux ont lavé les pieds au Seigneur pour effacer leurs péchés ; lui, il a lavé les pieds de ses disciples pour les purifier de toutes souillures de péché.

  Abraham, jadis, offrit au Seigneur trois galettes ; lui, avec cinq pains, il a rassasié les fils d'Abraham dans le désert. Abraham, jadis, fit reposer le Seigneur à l'ombre d'un chêne, à midi ; le Seigneur a protégé les fils d'Abraham à midi à l'ombre de sa Croix : car il était midi quand le Seigneur fut crucifié. Abraham, jadis, tua un veau pour le Seigneur ; lui, il s'est offert lui-même en sacrifice pour le salut des fils d'Abraham.

       Grégoire d'Elvire  -  Homélie 2, 17-18

  Mais voyons maintenant ce que signifie le mystère du festin servi au Seigneur par Abraham."Un veau tendre et gras." Le veau tendre et gras, figurait la chair du Seigneur qui devait être immolé pour le salut des croyants, ainsi que le dit l'apôtre : "Le Christ, notre Pâque, a été immolé". Le veau est dit gras, parce qu'il est riche de la plénitude de toutes les oeuvres bonnes, comme le dit l'apôtre : "En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité." Ce veau donc qu'est le corps du Seigneur et qui dans l'Evangile est mis à mort pour le fils pécheur, c'est lui qui pour nous a été immolé par les incrédules, et un excellent festin en a été préparé pour les croyants.

       Origéne  -  Homélie sur la Genèse, IV,2

  Le veau est servi, voici encore un mystère. Le veau lui-même n'est pas dur, mais "bon et tendre". Et que peut-il avoir d'aussi tendre, que peut-il y avoir d'aussi bon que Celui qui s'est abaissé pour nous jusqu'à la mort et qui "a donné sa vie pour ses amis" ? Il est le "veau gras" que le Père égorge pour recevoir son fils repentant. Car le Père "a tant aimé ce monde qu'il a donné son fils unique" pour la vie de ce monde.

    Ambroise de Milan  -  Homélie sur Abraham, 1,5,40

  On nous dit qu'il courut au troupeau, prit un veau tendre et bon, ce ne sont pas là détails oiseux. Car lorsque dans l'Exode Moïse fait connaître la Passion du Seigneur, il dit : "Vous prendrez un agneau sans tache, pur, parfait, âgé d'un an, mâle ; vous le prendrez parmi les brebis ou les chevreaux ; et toute la multitude de l'assemblée le mettra à mort vers le soir". C'est pourquoi, ici aussi, le récit dit qu'il est midi quand Abraham offre l'hospitalité au Seigneur, mais c'est pour le repas du soir que le veau est immolé et mangé. C'est un bon veau, puisqu'il devait purifier les péchés ; tendre, parce que ce n'est pas avec une nuque dure mais tendre qu'il a accepté le joug de la Loi et n'a pas refusé le gibet de la croix. Tendre, certainement, car rien n'a été laissé de la tête, des pattes et des entrailles, et ses os n'ont pas été brisés, mais il est tout entier devenu la nourriture de ceux qui le mangent. Tel nous l'avait préfiguré l'ombre de la Loi, tel la vérité de l'Evangile l'a montré.

      Grégoire d'Elvire  -  Homélie 2,24

  Quant à la signification des trois mesures de fleur de farine, ainsi que des pains azymes cuits sous la cendre et faits à partir de ces trois mesures, il ne faut pas la passer sous silence. Les trois mesures sont les trois descendants de Noé, C'est-à-dire Sem, Cham et Japhet, à partir desquels tout le genre humain fut reconstitué après le déluge, c'est-à-dire à partir desquels commencérent à exister "toutes les tribus, langues et peuples" d'ou devaient venir ceux qui croient au Christ, qui sont associés à sa Passion et participent à la table sainte, bien plus, qui doivent être incorporés au pain du corps du Seigneur.

        Grégoire d'Elvire  -  Homélie 2,29

  Les trois mesures de fleur de farine, dont Sara a fait les pains cuits sous la cendre, représentaient, je l'ai dit, l'image des trois fils dont est né l'ensemble du genre humain qui, dans la foi à la divine Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, devaient être pétris avec l'eau du baptème par l'Eglise dont Sara était l'image, et être réunis en l'unique pain du corps du Christ ; Sara, en effet, je l'ai déjà dit, était le type de l'Eglise, obéissante ministre des sacrements.


                      Les noces de Cana

           Faute de Riez  -  Homélie sur le corps et le sang du Christ, 10

  Le vin manquait, parce que la vigne refusait son fruit, cette vigne dont il est dit : "J'en attendais du raisin ; elle a donné des épines" (Is 5,4), et c'est pourquoi on a couronné d'épines la tête du rédempteur. Quand le Seigneur au temps des noces, c'est-à-dire quand l'époux, s'unissant à son Eglise dans la joie de la Paque, changea l'eau en vin, il préfigurait manifestement par là que des multitudes de peuples allaient venir par la grâce de son sang.

  Que l'eau désigne en effet les peuples, la parole sacrée l'indique ; on lit : "Ces eaux que tu as vues, ce sont des peuples, des nations et des langues." (Ap 17,15) Nous voyons par là que l'eau nous offre la figure des nations et le vin celle du sang de la passion du Seigneur.

  Ainsi quand l'eau est mélée au vin dans le sacrement, le peuple fidèle est incorporé et lié au Christ. Il lui est uni par le lien d'un parfait amour.

        Cyprien de Carthage  -  Lettre 63,13

  Quand dans le calice l'eau se mèle au vin, c'est le peuple qui se mèle avec le Christ, et la foule des croyants qui se joint et s'unit à celui en qui elle croit. Ce mélange, cette union du vin et de l'eau dans le calice du Seigneur, est indissoluble. De même l'Eglise, c'est-à-dire le peuple qui est dans l'Eglise et qui fidèlement, fermement, persévére dans la foi, ne pourra jamais être séparée du Christ, mais Lui restera attachée par un amour qui des deux ne fera plus qu'un.

        Ephrem  -  Commentaire de l'évangile concordant,219

  Au désert, notre Seigneur multiplia le pain et, à Cana, il changea l'eau en vin. Il habitua ainsi la bouche des disciples à son pain et à son vin jusqu'au temps ou il leur donnerait son corps et son sang. Il leur fit goûter un pain et un vin qui passent pour éveiller en eux le désir de son corps et de son sang vivifiants.

  Comme premier signe, il fit un vin réjouissant pour les convives, afin de manifester que son sang réjouirait toutes les nations. Le vin intervient dans toutes les joies et de même toutes les délivrances se rattachent au mystère de son sang.

         Romanos le Mélode  -  Hymne sur Cana 18,20

  Quand le Christ changea manifestement l'eau en vin par sa puissance, toute la foule se réjouit, trouvant admirable le goût de ce vin. Aujourd'hui, c'est au banquet de l'Eglise que nous nous asseyons tous, car le vin est changé en sang du Christ, et nous le buvons tous avec une allégresse sainte, glorifiant le grand Epoux.

       Ephrem de Nisibe  -  Hymne sur l'Epiphanie 3,22

  De l'eau il fit du vin, il abreuva le monde de son festin ; par son vin les époux furent unis.

        Ephrem de Nisibe  -  Hymne sur la virginité 33,1

  Cana te remercie de mettre de la joie à son festin de noces. De l'époux la couronne est un honneur pour toi, car tu l'as honoré ; et celle de l'épouse sera pour ta victoire. Au miroir de Cana toutes les paraboles s'expliquent, se dessinent : au moyen de l'épouse tu as dépeint l'Eglise ; au moyen des convives tu as représenté ceux que tu as marqués ; au moyen de sa fête, tu dépeins ta venue.

    Ephrem de Nisibe  -  Hymne sur la virginité 16,2

  Heureuse es-tu, Cana, car l'Epoux céleste a été invité par l'époux de chez toi, à qui a manqué le vin. Il invita le Convive qui a invité tous les peuples aux noces et à la vie en Eden ! Heureux tes invités qui se sont réjouis de sa bénédiction ! Et tes jarres qui ont été remplies par sa parole ! En toi ont mûri, comme prémices, les bonheurs célestes qui, en toi, ont resplendi pour la première fois !

      Irénée de Lyon  -  Contre les hérésies,III,11,5

  C'est en prenant des pains qui provenaient de la terre et en rendant grâces, c'est encore en changeant de l'eau en vin, qu'il a rassasié les convives et désaltéré les invités aux noces. Il montrait par là que le Dieu qui a fait la terre et lui a commandé de porter du fruit, qui a établi les eaux et fait jaillir les sources, ce même Dieu octroie la terre et lui a commandé de porter du fruit, qui a établi les eaux et fait jaillir les sources, ce même Dieu octroie aussi au genre humain, dans les derniers temps, par l'entremise de son fils, la bénédiction de la Nourriture et la grâce du Breuvage, lui, l'incompréhensible, par Celui qui peut être compris, lui, l'invisible, par Celui qui peut être vu.


                    La Sagesse a dressé une table

          Cyprien de Carthage  -  Lettre 63,5

  Par Salomon aussi, l'Esprit saint montre la figure du sacrifice du Seigneur, en faisant mention de la victime immolée, du pain, du vin et aussi de l'autel : "La sagesse, dit-il, a construit une maison, et l'a soutenue de sept colonnes. Elle a immolé ses victimes, elle a mêlé dans le cratère le vin à l'eau et dressé sa table. Puis elle a envoyé ses serviteurs, invitant à haute voix à venir puiser à son cratère : Celui qui est sans instruction, qu'il vienne vers moi, disait-elle. Et à ceux qui manquent de sens elle disait : Venez manger de mes pains et buvez le vin que j'ai mêlé pour vous." (Pr 9,1-5)

  Il parle de vin mêlé, c'est-à-dire il annonce prophhétiquement le calice du Seigneur mêlé d'eau et de vin ; et ainsi il apparait que la passion du Seigneur a réalisé ce qui avait été prédit.

        Faute de Riez  -  Homélie sur le corps et le sang du Christ

  Que ce vin de son sang doive être mêlé d'eau, le Seigneur nous le montre non seulement par la tradition mais par la forme même de sa passion ; sous le coup de lance en effet il coula du sang et de l'eau de son flanc sacré comme l'avait annoncé bien longtemps avant le prophète en disant : "Voici qu'il frappe le rocher, les eaux coulent", et comme l'a dit ensuite l'Apôtre : "ils buvaient au rocher qui les accompagnait". Tu vois que quiconque a bu à la grâce du Christ est suivi par la miséricorde du Christ.

  Mais dans Salomon, nous lisons sur Dieu lui-même cette prophétie : "La Sagesse a bâti sa maison", c'est-à-dire elle a revêtu le corps d'un homme dans lequel habite la plénitude de la divinité."Elle a taille sept colonnes" parce que la bénédiction de la grâce a pris sept formes pour le remplir. "Elle a abattu ses bêtes, elle a mêmé son vin dans le cratère et préparé sa table". Et dans la suite : "venez, mangez de mon pain et buvez le vin que j'ai mêlé pour vous". Nous voyons donc que le vin a été mêlé d'eau.

        Procope de Gaza  -  Commentaire sur les Proverbes

  "La Sagesse a bâti sa maison". Elle a construit l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, et dont la nature est à la fois visible et invisible."Elle a sculpté sept colonnes". A l'homme qui a été formé selon le Christ, elle a donné les sept dons du Saint-Esprit, afin qu'il croie au Christ et observe ses commandements. Grâce à ces dons, la vertu est animée par la connaissance et, réciproquement, la connaissance s'incarne dans la vertu.

  "Elle a mélangé son vin dans la coupe et a dressé sa table". De même qu'on fait un mélange dans une coupe, la sagesse a uni à la connaissance des choses créées la connaissance d'elle-même comme cause de toutes choses. Et cette connaissance de tout ce qui concerne Dieu, comprable à du vin, enivre l'esprit. C'est ainsi que par elle-même, qui est le pain du ciel, elle nourrit les âmes par la vertu ; elle les abreuve et les réjouit par la doctrine. Elle a donc apprêté tout cela comme une table magnifiquement servie pour le banquet spirituel de ceux qui désirent y participer.

  "Elle a envoyé ses esclaves inviter à sa coupe, en proclamant à haute voix". Elle a envoyé les Apôtres, ces servants de sa divine volonté, pour qu'ils proclament la bonne nouvelle de l'Evangile. Et c'est par la bouche de ces serviteurs que la Sagesse proclame : "Si vous manquez de sagesse, venez à moi !" Celui qui manque de sagesse est celui qui pense dans son coeur que Dieu n'existe pas. Qu'il rejette son athéisme, qu'il me rejoigne par la foi, qu'il sache que je suis le Créateur et le Seigneur de l'univers.

  "A l'homme sans intelligence, elle dit : Venez manger mon pain et boire le vin que j'ai mélangé pour vous ! " Et à ceux qui n'accomplissent pas les oeuvres de la foi, afin qu'ils accédent à une connaissance plus parfaite, elle dit : Venez manger mon corps qui, comme du pain, vous nourrit pour la pratique de la vertu ; buvez mon sang qui, par la connaissance, vous réjouira comme du vin et vous enivrera pour vous diviniser. Car ce sang, d'une façon étonnante, je l'ai mélangé à la divinité, pour votre salut.


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